Projet de carte sanitaire spécifique de la Ville sainte de Touba.
Note technique à l’endroit de Mr le Ministre de la santé.
Dr Balla Mbacké MBOUP, MD, MPH, MCR de Diourbel (Mai 2016)
La ville sainte de Touba, capitale de la confrérie mouride, a été créée en 1888 par son fondateur Cheikh Ahmadou Bamba. Elle a connu, à partir des années 1980, une croissance démographique sans précédent (actuellement avec près de 15% taux de croissance), la positionnant actuellement comme la 2ième ville du Sénégal après Dakar, la capitale nationale. La ville compte au dernier recensement près d’un million d’habitants sans compter son agglomération.
La ville se présente avec trois faciès d’urbanisation en cercles concentriques : le 1er cercle correspond au centre ville très urbanisé, le 2ième cercle est une zone hybride (mélange d’urbain et rurale) et le 3ième constitué de la banlieue de la ville, essentiellement rurale. Son autre caractère essentiel est sa dimension religieuse et l’importance du culte et de l’enseignement coranique.
Avec une telle population, les normes internationales (OMS) de découpage sanitaire voudraient que la Ville soit divisée en 05 à 06 districts sanitaires. Et si l’on se refère aux normes ajustées au contexte national, la ville doit disposer d’au moins 05 centres de santé de référence/EPS, plus de 128 Postes de santé (norme ajustée de la RMD) et 02 CHR/EPS2.
Touba dispose déjà d’un CHN (Matlaboul Fawzeyni) qui n’offre pour autant pas la gamme complète d’un CHN et d’un EPS1 (Ndamatou) qui aussi, n’a pas le plateau technique attendu de l’EPS1. Il y en outre un projet présidentiel de création d’un hopital de 300 lits, qui viendra renforcer le tissu hospitalier de la ville.
Pour une meilleure planification de la santé dans la ville, celle-ci peut être découpée en 05 zones : Centre Ville, Est, Ouest, Nord et Sud. Chaque zone sera un district sanitaire, entité administrative qui sera composée d’un centre de santé de référence (ou Hopital de district de l’OMS ou EPS1 selon les options politiques) et chaque centre de santé va polariser en moyenne 10 à 15 postes de santé. L’implantaion des centres de santé dans chaque zone se fera en fonction de critères géographiques (milieu de la zone, en respectant aussi les distances entre ces centres de santé). Les postes de santé seront aussi implantés en respectant les critères de distance, de sorte que leur répartition territoriale soit aussi harmonieuse que possible.
Ces centres de santé peuvent être de nouvelles créations ou être créées à partir de gros postes de santé existants, qui ont ont dépassé de très loin et depuis longtemps les normes de populations couvertes par un PS. Ainsi les PS de Darou Khoudoss, Serigne Saliou Mbacké (ou 28), Keur Niang, Darou Marnane, Darou Tanzil etc., pourraient évoluer en centres de santé secondaires et plus tard de référence. En urgence, le PS de 28, situé au cœur de la ville de Touba, et qui polarise une population de près de 50 à 100.000 hbts doit rapidement être érigés en centre de santé secondaires.
Les centres de santé disposeront à terme, de tous les services de base, en particulier un pôle Mère-enfant, avec les équipements et le personnel adéquat. Chaque Centre de santé disposera d’un service qui lui est spécifique (ORL, Ophtalmologie, Dermatologie, Cardiologie etc.,). La typologie de ces services spécifiques sera fonction du profil épidémioloque de la ville et des grands bésoins de santé des populations (selon les données statistiques et d’enquêtes). Il y aura ainsi entre ces centres de santé des liens de référence horizontale et eux et les hopitaux, une référence verticale.
En effet, ce réseau de centres de santé sera soutenu par des hopitaux de plus haut niveau, existants ou à créer et ou à renforcer. Ainsi, l’EPS1 de Ndamatou va évoluer en EPS2 (CHR, le deuxième de la Région après celle de Diourbel), l’EPS3 de Matlaboul Fawzeyni (qui a le statut de CHN) va le rester, mais en complétant son offre de sorte qu’elle soit celle réelle d’un véritable CHN. Le nouvel hopital du Président sera un établissement hospitalier de niveau 4, d’envergure sous régionale, avec des services haut de gamme tels que la Chirurgie cardiaque, la transplantation rénale, un centre de traitement des cancers, une unité de prise en charge des grands brulés etc.)
Avec la création d’une UFR Santé (de Touba ou à partir de l’ufr de santé communautaire de l’Université de Bambeye), tous ces hopitaux et Centres de santé de référence vont constituer le CHU de Touba (ou de Diourbel, si le CHR de Diourbel s’y ajoute).
La création dans le même esprit, d’une école de formation des personnels paramédicaux (Infirmiers, sages femmes, agents sociaux, agents d’hygiène et techniciens supérieurs) s’averera utile pour produire le personnel paramédical d’appoint nécessaire pour faire fonctionner toutes ces structures.
Ces services de santé seront complétés et soutenus par des services d’hygiène et d’action sociale. La Brigade Spéciale d’hygiène de Touba et le CPRS verront leurs capacités d’intervention (personnels, logistiques) fortement renforcées. Touba étant un ville de grands rassembelements, les services de surveillance épidémiologique et de police sanitaire seront aussi particulièrement renforcés.
Avec ce puissant dispositif de santé et d’action sociale, la création d’un institut de recherche sur les domaines de développement socio sanitaire (épidémilogie, biomédicale, santé publique, démographie, socio anthropologie etc.), permettra d’orienter les politiques locales et nationales de santé.
Bien entendu, toute cette offre de services ; bien répartie géographiquement, ne sera accessible sans une bonne politique de couverture sociale et de financement de la demande, en particulier par la mutualité et la mise en place d’une caisse de solidarité pour venir en aide aux couches les plus défavorisées.
A ce propos, les enfants des écoles et universités coraniques, feront l’objet de services préventifs et curatifs spécifiques, offerts dans les postes et centres de santé de la ville et par l’intermédiaire de structures dédiés (centre ado/jeunes de type particulier).
Dr Balla Mbacké MBOUP , Mai 2016.





