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La doctrine du mouridisme et ses valeurs de civilisation

La doctrine du Mouridisme et ses valeurs de civilisation.

Résumé.

Le Mouridisme ou encore la «Mouridiyya» est la voie tracée par Cheikh Ahmadou Bamba[1]. C’est un ensemble de doctrines philosophiques, religieuses, culturelles, sociales et économiques, qui tire ses origines du Saint Coran et de la tradition du Prophète. La doctrine mouride repose sur deux principes fondamentaux : La prière et le travail. Cheikh Ahmadou Bamba était en effet un soufi, mais son soufisme revêt un caractère particulier qui est la sacralisation du travail, ou encore la sanctification du travail. Le Cheikh accorde au travail une place si éminente qu’il la conçoit comme une forme de prière. Il dit à ce propos «Travaille comme si tu ne devais jamais mourir, et prie comme si tu devais mourir demain »

En effet le travail permet à l’homme et au musulman d’acquérir une indépendance économique et financière lui permettant de vivre dignement et de pratiquer pleinement sa foi. Pour arriver à cela, le Cheikh mit en place des écoles de formation du disciple mouride, ‘’ses daaras qu’il implanta loin des centres urbains. C’est ce culte du travail a permis aujourd’hui aux mourides d’être une force économique sociale et politique qu’on lui connait de par le monde.

La force du mouridisme repose, en plus de cet amour du travail, sur la discipline et l’esprit communautaire. C’est l’observance de cette dernière valeur qui a permis l’édification de la Grande mosquée de Touba et de tous les autres grands chantiers de la confrérie, en particulier les infrastructures sociales de la Ville sainte de Touba.

Sur un autre plan, le social, le Cheikh est apparu comme un réformateur social, qui a fait du Mouridisme un cadre d’élévation sociale de l’individu. En proclamant que : «L’homme le plus estimé auprès d’ALLAH, est celui qui le craint le plus, sans discrimination d’aucune sorte» et que : «La couleur de la peau ne saurait être cause de l’idiotie d’un homme», le Cheikh apparait ainsi comme un des premiers réformateurs de la société wolof « castée» mais aussi un des théoriciens de la négritude. C’est grâce à lui que le peuple Sénégalais s’est affranchi des castes (n’a-t-il pas promu des castés au grade de « Cheikh mouride », la plus haute hiérarchie dans sa confrérie) mais surtout du complexe d’infériorité par rapport à la peau blanche en générale (Européens et arabes).

La cohésion de la communauté mouride réside dans ses valeurs fondamentales de respect de la hiérarchie aussi au sein de la grande famille mouride à la tête de laquelle se trouve le Khalife général qu’au sein des sous familles ou lignages aux têtes desquelles se trouvent les ainés qui sont aussi les khalifes de ces sous familles. Le respect du droit d’ainesse est encore très présent dans la communauté mouride. 

 En fin, le peuple mouride se reconnait par son parler fait de ‘’téguine’’, son habillement qui lui est spécifique (du ‘’tourki Ndiaarème’’ au ‘’Baay Lahad’’, le ‘’makhtoumbé’’), l’architecture de son habit (la case mouride, structuration du village avec la mosquée au milieu de celui-ci), sa musique (la déclamation de Khassayides, les écrits du Cheikh) ; la manière des salutations (le ‘’sujjote’’), son alimentation (la consommation de ‘’café touba’’ élevé au rang de recommandation du Cheikh) etc.

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